RE 2020 : les points clés de la nouvelle réglementation environnementale

 

À compter du 1er janvier 2022, la nouvelle Réglementation Environnementale (RE 2020) pour les constructions neuves entrera en vigueur. Après des phases d’expérimentations et de concertations, notamment avec le label E+C- depuis 2016, elle succèdera à la Réglementation Thermique RT 2012.

 

Quels sont ses objectifs, ses règles, et les bénéfices à en tirer ? Comment vous préparer au changement ?

 

Zoom sur la RE 2020 et les études sur l’impact environnemental des bâtiments neufs, qui se veulent toujours plus précises et complètes !

La RE 2020, qu’est-ce que c’est ?

À la suite de la dernière réglementation thermique de 2012, issue du Grenelle de l’Environnement de 2007, la Réglementation Environnementale 2020 se veut plus ambitieuse.

Les objectifs de la RE 2020 s’articulent autour de trois axes, au service de bâtiments moins énergivores et moins impactants sur le climat.

💡 À savoir 

 

Le bâtiment représente 44 % de la consommation d’énergie nationale en France, et produit 25 % des émissions de CO2.

 

Source : ecologie.gouv.fr

Les objectifs de la réglementation RE 2020

 

L’objectif de la RE 2020 est de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) issues du bâtiment, en étudiant les impacts environnementaux des bâtiments neufs. Le calcul de ces impacts prend en compte toutes les étapes du cycle de vie.

L’ambition est d’atteindre la neutralité carbone, comme définie par la Loi énergie-climat de 2018 et le Pacte vert pour l’Europe. En effet, l’Union européenne souhaite devenir le premier continent à atteindre cette neutralité climatique, ce qui passe nécessairement par la réduction des émissions de gaz à effet de serre produites par le secteur de la construction et du bâtiment.

 

Les champs d’action de la RE 2020

 

Pour atteindre cet objectif, la Réglementation Environnementale 2020 se concentrera sur trois champs d’action.

1. L’énergie

 

Cette dimension vise à améliorer la performance énergétique et environnementale des bâtiments grâce au renforcement de différentes exigences sur :

 

  • l’indicateur des besoins bioclimatiques (Bbio) pour atteindre une baisse de 30 % par rapport à la RT 2012.
  • la consommation des énergies primaires, ou CEP.
  • la consommation des énergies primaires non renouvelables, ou CEP nr.

 

 

2. L’impact environnemental

 

Ce second volet vise à diminuer l’impact sur le réchauffement climatique des bâtiments neufs, pendant toute leur durée de vie, avec l’évaluation des impacts de :

 

  • la consommation d’énergie,
  • la construction, c’est-à-dire des matériaux et du chantier.

💡 À savoir 

 

Ces impacts sont calculés via une analyse du cycle de vie (ACV). C’est ici qu’entre en jeu l’ACV bâtiment de la RE 2020, qui permet de calculer les études d’impacts de la consommation d’énergie, des matériaux, du chantier…

Cette méthodologie de comptabilisation des impacts environnementaux de produits ou de services fait l’objet de travaux scientifiques depuis une cinquantaine d’années. Multicritère et quantitative, elle est encadrée par la norme internationale ISO 14040, qui définit une méthode commune éprouvée et validée.

3. Les conditions de vie et de climat

 

Enfin, il s’agit de créer des lieux de vie et de travail adaptés aux conditions climatiques futures. Par exemple, des habitations conçues pour résister aux épisodes de canicule, de plus en plus fréquents.

 

👉  Avec ces trois axes, la RE 2020 doit rendre le bâtiment plus performant, moins néfaste pour le climat et plus confortable pour les occupants !

Les différences entre la RT 2012 et la RE 2020

 

  • Des exigences renforcées en matière de besoins bioclimatiques.
  • L’introduction de nouveaux indicateurs – notamment celui de l’indicateur de confort d’été, exprimé en degrés heures (Dh) d’inconfort estival.
  • Une vision globale des impacts environnementaux via des études d’analyse de cycle de vie détaillée.

Les études environnementales au cœur de la RE 2020

La RE 2020 fixe des exigences méthodologiques et des seuils pour chacun de ses trois chantiers. En particulier en ce qui concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui sont très impactantes pour l’environnement.

Deux indicateurs clés de l’impact sur le climat

 

Ic énergie

Il permet de mesurer l’impact sur le réchauffement climatique de la consommation d’énergie du bâtiment pendant son exploitation.

Ic construction

Il permet d’étudier l’impact de la construction d’un bâtiment en prenant en compte toutes les étapes de son cycle de vie, de la production des matières premières à la fin de vie du bâti, en passant par le chantier et les remplacements de matériaux lors de rénovation. 

 

Le résultat est donné par la somme des deux indicateurs suivants :

 

  • Ic chantier, soit l’impact du chantier (consommation des engins de chantiers, excavation des terres…) ;
  • Ic composants, soit l’impact des matériaux de construction. 

 

Ic construction et Ic énergie sont calculés sur une période d’étude de 50 ans, et exprimé en kg CO2 éq./m² Sref (surface de référence).

⚠️  À retenir avant l’entrée en vigueur de la norme RE 2020

 

  • L’ACV, ou analyse du cycle de vie, permet de calculer plusieurs impacts environnementaux, dont l’impact sur le réchauffement climatique.
  • L’urgence climatique est avérée. Il est donc primordial de se focaliser sur l’impact sur le réchauffement climatique et sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
  • L’impact sur le réchauffement climatique se mesure en kq éq. CO2/m2, et est calculé pour une période d’étude de 50 ans.
  • On parle de CO2 équivalent. Cette unité a été choisie pour une question de comparaison. Le CO2 n’est en effet pas le seul gaz à effet de serre. Par exemple, l’impact du méthane est ramené en kg de CO2 éq.

E+C- vs RE 2020 : une méthode de calcul fondamentalement différente

Entre la méthodologie E+C- et la RE 2020, la méthode de calcul des impacts évolue : alors que la première repose sur l’ACV statique, la seconde introduit l’ACV dynamique. L’ACV dynamique introduit la pondération des impacts sur le réchauffement climatique en fonction du moment de l’émission. 

 

Pour faire simple, l’ACV dynamique permet…

 

  • Une approche plus réaliste de la cinétique de dégradation des gaz à effet de serre, c’est-à-dire la manière dont il réagissent chimiquement dans l’atmosphère.
  • De mieux caractériser la notion d’urgence climatique.
  • De prendre en compte l’incertitude des scénarios de fin de vie des matériaux.

Par exemple…

 

L’étude environnementale d’un bâtiment est réalisée sur une période de 50 ans. Pour ce même bâtiment, un type précis de fenêtre est utilisé. Cette fenêtre a un impact A sur l’environnement.

 

Avec la méthodologie de l’expérimentation E+C- la méthode de calcul repose sur l’ACV statique : une fenêtre et celle qui la remplace 20 ans après affichent le même impact. Si chaque fenêtre a une durée de vie théorique de 20 ans, elle sera renouvelée 2,5 fois sur la période d’étude de l’ACV, soit 50 ans. Dans notre cas concret, l’impact pour une seule fenêtre à l’échelle du bâtiment est ainsi de 2,5xA avec la méthodologie d’ACV statique.

 

Avec la méthodologie dynamique de la RE 2020, l’impact de la fenêtre installée au début du chantier et l’impact de celle qui la remplace au bout de 20 ans n’est plus le même ! Le renouvellement de la fenêtre est pris en compte mais l’impact des fenêtres est pondéré dans le temps. Le gaz à effet de serre émis aujourd’hui pèse en effet plus lourd dans le calcul final que celui émis dans 20 ans.

👉  Finalement, l’ACV dynamique utilisée dans le calcul des impacts de la RE 2020 intègre la notion d’urgence climatique en pondérant les impacts en fonction du moment de leur émission, ce qui n’est pas le cas de l’ACV statique.

Le calendrier de la RE 2020 et ses exigences 

 

Le calendrier de la RE 2020 est appliqué à la construction neuve. Sa mise en place est séquencée, tout d’abord au niveau de son champ d’application :

 

  • Dès le 1er janvier 2022, la nouvelle réglementation environnementale impactera les maisons individuelles et les logements collectifs. 
  • En juillet 2022, ce sera au tour des bureaux et des bâtiments d’enseignement primaire et secondaire.
  • Enfin, en 2023, sur l’intégralité des bâtiments tertiaires.

 

D’autre part, une réduction des seuils environnementaux sera également opérée tous les trois ans environ.Ic énergie et Ic construction verront leurs exigences évoluer dans le temps, avec toujours pour objectif de diminuer l’impact carbone des bâtiments !

 

Un label RE 2020 va également voir le jour pour valoriser les projets, en accord avec la nouvelle réglementation environnementale à l’instar du label E+C- en place pour les projets vertueux qui allaient au-delà des exigences de la RT 2012.

Concernant la forme, le fond, ou encore la mise en œuvre… affaire à suivre !

 

 

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